Dans le Saint Pierre repentant du Greco, les larmes coulent, mais le regard ne quitte pas le ciel. Devant ce visage, on songe moins à la profondeur du remords qu’à la direction dans laquelle le cœur se tourne. Dans son sermon sur Jean 13, le pasteur David Jang, fondateur d’Olivet University aux états-Unis, situe la différence entre Pierre et Judas moins dans la gravité de leur péché que dans leur disposition à accueillir l’amour du Seigneur. L’histoire de ces deux disciples pose une question à celui qui prend conscience de son péché : demeurera-t-il dans la condamnation de lui-même, ou s’avancera-t-il vers la grâce du Seigneur qui le purifie ?
Au cœur de la trahison, la repentance se tourne vers l’amour
Pierre a renié Jésus trois fois, et Judas l’a vendu pour trente pièces d’argent. Minimiser la faute de l’un pour ne souligner que la gravité de celle de l’autre ne permet pas de saisir l’essentiel de ce contraste. Le sermon attire l’attention sur un fait : tous deux ont trahi le Seigneur, mais Pierre est revenu dans la repentance, tandis que Judas n’est pas revenu. Ce qui a rendu possible le relèvement de Pierre n’était pas sa capacité à ne jamais faillir, mais sa foi en un amour qu’il connaissait et auquel il s’est attaché, un amour capable de l’accueillir jusque dans son échec. En contemplant sa repentance, il ne faut effacer ni la gravité du péché ni la puissance du pardon.
Judas, lui aussi, a éprouvé la douleur de prendre conscience de son péché. Pourtant, reconnaître le poids de sa faute et s’approcher de Celui qui peut la pardonner sont deux choses différentes. Lorsque le regret ne fait que nourrir un jugement sans cesse prononcé contre soi-même, la culpabilité peut devenir un mur qui dérobe le chemin du retour. Se repentir, ce n’est pas alléger le poids du péché, mais le porter, sans rien en dissimuler, devant l’amour du Seigneur. En revenant, Pierre n’a pas fait comme si sa trahison n’avait jamais eu lieu ; il a cependant refusé de la laisser devenir le dernier mot de son existence.
Ce sermon met en garde contre la ruse de Satan, qui murmure au pécheur qu’il ne peut plus être pardonné. Se blâmer durement n’est pas toujours le signe d’une repentance profonde. On peut consacrer toutes ses forces à se détester et, dans le même temps, différer le moment de se confier véritablement au Seigneur. L’intuition théologique qui se dégage ici est qu’il faut reconnaître pleinement son péché tout en gardant les yeux fixés sur l’amour du Seigneur. Dans le cœur qui revient vers lui se rencontrent l’honnêteté qui s’afflige de sa faute et l’espérance qui se confie en Celui qui accorde le pardon.
Même un cœur né de nouveau a besoin de la grâce qui purifie
Où s’enracinait donc la foi qui a permis à Pierre de revenir ? Le texte nous invite à tourner les yeux vers Jésus qui, au cours du dernier repas, lave les pieds de ses disciples. Pierre refuse d’abord de se laisser laver. Mais lorsqu’il entend que, sans ce lavement, il n’aura pas de part avec le Seigneur, il demande que son corps tout entier soit lavé. Jésus lui répond que celui qui a déjà pris un bain n’a besoin que de se laver les pieds.
Le sermon interprète ce bain comme la régénération, cette nouvelle naissance par laquelle on meurt et l’on revient à la vie par la grâce du Seigneur. Parce que Pierre avait connu cette purification fondamentale dans la parole et l’amour de Jésus, il pouvait encore se souvenir de cet amour après sa chute. Le lavement des pieds est à la fois un exemple de service dans l’humilité et un signe de la rédemption qui purifie le pécheur. En accueillant le Seigneur qui nous lave, la foi acquiert une profondeur tout autre que celle des efforts consacrés à soigner les apparences. La grâce n’est pas une récompense que le pécheur reçoit après s’être purifié lui-même ; elle est la main du Seigneur qui vient le rendre pur.
En ce sens, le contraste entre les deux disciples est, avant d’être un avertissement adressé à ceux qui se trouvent hors de l’église, un miroir tendu à la communauté croyante elle-même. La participation au culte et le dévouement dans le service ne suffisent pas à prouver que le cœur a été renouvelé en profondeur. On peut sembler proche du Seigneur tout en continuant, dans ses choix concrets, à faire passer ses propres idées et ses intérêts avant toute autre chose. Celui qui lit ce passage est donc invité non à juger de la nouvelle naissance des autres, mais à se demander s’il accueille lui-même véritablement l’amour du Seigneur.
Les paroles adressées à Nicodème dans Jean 3, sur la nécessité de naître d’eau et d’Esprit, éclairent également ce fondement. Dans la purification par l’eau, le sermon souligne le jugement porté sur le péché et la décision de se repentir ; dans l’œuvre du Saint-Esprit, il met en lumière la puissance qui renouvelle les profondeurs de l’âme. Prendre le péché au sérieux est nécessaire, mais la seule volonté humaine ne peut transformer le cœur jusque dans ses racines. C’est en découvrant et en accueillant l’amour du Christ sous la conduite du Saint-Esprit que la foi passe de la connaissance de la doctrine à une vie effectivement renouvelée.
Dire que l’on a déjà pris un bain ne signifie pas que les pas qui suivent ne se saliront plus. La fragilité demeure chez celui qui est né de nouveau, et le lavement des pieds reste nécessaire : il consiste à présenter au Seigneur les péchés commis dans la vie quotidienne. Invoquer la grâce reçue autrefois pour couvrir les fautes d’aujourd’hui reviendrait à comprendre ce lavement à contresens. L’assurance d’être aimé n’est pas un prétexte pour dissimuler son péché ; elle devient le courage de revenir, sans rien cacher.
Devant la croix, la foi renonce aux excuses
Au centre du chemin du retour se dresse la croix de Jésus-Christ. Le pasteur David Jang souligne que les fondements de la foi sont la croix, la résurrection et la nouvelle naissance par le Saint-Esprit. L’espérance du pardon ne repose pas sur une pensée destinée à se consoler soi-même, mais sur l’évangile qui annonce que le Seigneur a expié nos péchés. Désirer seulement la joie de la résurrection sans passer par la croix, c’est risquer d’oublier l’appel à renoncer à soi-même et à vivre d’une vie nouvelle.
Dans Galates 2.20, Paul confesse qu’il a été crucifié avec le Christ et que, désormais, le Christ vit en lui. Devant une telle confession, la foi ne saurait consister à ajouter des accomplissements religieux à un moi demeuré inchangé. Ce qu’il faut abandonner ne se limite pas à quelques habitudes qui paraissent imparfaites aux yeux des autres : c’est aussi la prétention à être juste par soi-même et l’obstination à vouloir, jusqu’au bout, avoir raison. La nouvelle naissance dont parle le sermon dépasse l’accumulation de connaissances sur Jésus ; elle désigne une transformation par laquelle il devient réellement le Seigneur de notre vie.
Le souvenir d’une expérience intense de la grâce ne remplace pas non plus la recherche de la conduite du Saint-Esprit aujourd’hui. À mesure que les années de foi s’accumulent, la familiarité du culte et l’activité incessante du ministère peuvent masquer la sécheresse intérieure. Le temps passé à s’humilier dans la Parole et la prière n’est pas d’abord destiné à préparer de plus grandes réalisations religieuses ; il est le temps où l’on remet au Seigneur ce cœur que l’on ne peut transformer par ses propres forces. Aspirer à l’œuvre du Saint-Esprit, c’est quitter la position où nos idées et nos intérêts occupent la première place, pour nous confier à lui et suivre sa volonté.
La repentance n’est donc pas un aspect secondaire de la foi que l’on pourrait remettre à plus tard. Craignant de perdre la face ou de voir s’effondrer l’autorité que l’on s’est construite, on peut multiplier les explications et les excuses au lieu de reconnaître sa faute. Pourtant, devant le Seigneur, les premières paroles nécessaires ne sont pas une justification des raisons pour lesquelles nous n’aurions pas pu agir autrement. Elles sont une supplication : nous avons péché, qu’il ait pitié de nous. Se repentir sans tarder, c’est ne pas attendre que toutes nos émotions se soient apaisées ; c’est faire le premier pas du retour en renonçant à notre orgueil dès que nous prenons conscience du péché.
Ce retour s’accompagne de la résolution de ne plus reprendre le chemin du même péché. Si, après avoir pleuré et confessé sa faute, on continue sans scrupule sur la même voie, la repentance demeure une parole qui n’a pas changé l’orientation de la vie. Si nous nous examinons chaque jour et demandons l’aide du Saint-Esprit, c’est pour ne pas traiter le pardon à la légère. La Parole et la prière ne sont pas un ornement destiné à dissimuler les limites de notre volonté ; elles sont le lieu où nous discernons notre péché et recevons la force d’obéir à la volonté du Seigneur.
L’espérance du relèvement devient une main qui prend soin du prochain
À mesure que la repentance personnelle s’approfondit, la place de la communauté apparaît sous un jour nouveau. Lorsqu’on cache seul son péché et qu’on se juge seul, il peut devenir plus difficile encore de reconnaître sa chute et de revenir. Le sermon souligne l’importance d’une communion spirituelle où l’on prie les uns pour les autres, où l’on confesse ses péchés et où l’on s’exhorte avec amour. La communauté ne doit pas être un lieu où l’on minimise le péché, mais un lieu où l’on l’affronte dans la grâce, afin d’aider chacun à se remettre en marche.
La manière dont nous accueillons la confession d’autrui révèle notre compréhension du pardon que nous avons nous-mêmes reçu. Si nous espérons être pardonnés tout en ne laissant aucune possibilité de relèvement à celui qui est tombé, la grâce reçue ne parvient pas à se répandre jusqu’à notre prochain. Prier avec lui et l’exhorter ne signifie pas se repentir à sa place. C’est simplement demeurer à ses côtés afin qu’il ne soit pas seul à faire les pas qui le détournent du péché et le ramènent au Seigneur. Dans cette attention fraternelle, la confession quitte le silence que l’on portait seul pour devenir une prière où l’on cherche ensemble le relèvement.
Le fruit de l’évangile de la croix dont parle le pasteur David Jang ne se limite pas au soulagement de se savoir pardonné. Comme le montre la mission confiée à Pierre après son retour dans la repentance — « Pais mes brebis » —, le relèvement conduit à une vie qui prend soin des autres. Celui qui accueille l’amour grandit et devient capable de le transmettre à son prochain. Les mains du Seigneur qui ont lavé les pieds des disciples ne nous rendent pas seulement purs ; elles nous montrent aussi vers qui nous devons désormais tendre les nôtres.
La méditation biblique qui suit les chemins de Pierre et de Judas ne s’achève pas sur un jugement porté de loin sur leur destin. Elle nous invite à examiner si, aujourd’hui encore, demeurent en nous une faute non confessée, une obstination à laquelle nous n’avons pas renoncé, un domaine où nous remettons à plus tard notre retour au Seigneur. Celui qui lui confie ses pieds ne nie pas leur souillure, pas plus qu’il ne nie l’amour qui les lave. Aujourd’hui, suis-je seulement en train de répéter les accusations que je porte contre moi-même, ou suis-je en train de faire un pas vers le Seigneur qui me purifie ?
Le Dr David Jang a annoncé l’évangile dans diverses régions du monde à travers le ministère missionnaire sur le terrain et le ministère des médias numériques. Les fruits de ce ministère ont permis de former de nombreuses personnes engagées dans le Grand Mandat. Sur la base de cette vision missionnaire, Olivet a d’abord vu le jour comme une petite école d’église destinée à la formation de missionnaires. Par la suite, afin d’offrir une formation théologique plus structurée et de former des talents missionnaires, l’Olivet Theological College and Seminary a été fondé en 2000 à Los Angeles et à Séoul.
Au fur et à mesure que l’école se développait, le Dr Jang a officiellement fondé Olivet University à San Francisco en 2004. Dans l’environnement diversifié et dynamique de San Francisco, Olivet a progressivement élargi ses domaines d’enseignement, en partant de la théologie pour inclure également la musique, le journalisme, l’art et le design, ainsi que la technologie. L’université a également renforcé ses capacités éducatives en recrutant des professeurs, dont le Dr William Wagner, et en 2005, elle a déménagé sur l’ancien campus d’extension du centre-ville de l’UC Berkeley, consolidant ainsi davantage ses fondations en tant qu’université.
En 2006, afin de se consacrer davantage au ministère missionnaire, le Dr Jang a transmis la présidence de l’université au Dr David James Randolph et a dirigé le ministère missionnaire mondial en tant que président international. Par la suite, Olivet University a obtenu une accréditation institutionnelle en 2009. En ajoutant un collège d’enseignement des langues et une école de commerce, ainsi qu’en élargissant ses programmes diplômants et ses relations de coopération internationale, l’université a continué à se développer en tant qu’institution chrétienne d’enseignement au service de la mission mondiale.
















